Comment motiver son enfant?

Après une journée de travail exigeante, vous faites la vaisselle devant votre fils, qui est littéralement « évaché » sur l’îlot de cuisine et qui n’en finit plus de rouspéter en faisant ses devoirs. Depuis que les belles journées printanières se sont pointé le nez, la motivation de votre fils fond comme neige au soleil. Votre patience s’étiole elle aussi à la vitesse de l’éclair, et vous vous demandez comment réussir à stimuler la motivation chancelante de fiston…

La motivation est ce qui pousse l’humain à agir et à déployer des efforts. Votre enfant en aura grandement besoin pour concrétiser ses aspirations futures. Alimenter sa motivation, avec l’objectif qu’il y arrive éventuellement par lui-même, est donc un merveilleux héritage à lui transmettre.

Afin de l’aider, il sera stratégique de diviser les efforts en étapes, et d’y intercaler du plaisir immédiat. À petites doses, cela lui semblera plus
assimilable et moins intimidant.


Tout d’abord, sachez que la motivation de votre enfant sera d’autant plus grande si la tâche à accomplir a du sens pour lui, si elle répond à un besoin et s’il se sent suffisamment confiant d’en être capable. Votre rôle sera donc de l’aider à comprendre à quoi serviront ses efforts, tout en l’encourageant face à ses peurs de ne pas être à la hauteur. Pour ce faire, ayez à l’esprit que la motivation est grandement alimentée par la recherche du plaisir et le désir d’éviter la douleur. Le plaisir fait ici référence aux récompenses anticipées suite aux efforts, alors que la douleur représente les conséquences péjoratives qui pourraient découler de son manque d’efforts.

Vous motiverez donc votre enfant en l’aidant à entrevoir les répercussions positives qui découleront de ses efforts soutenus. Vous pourriez ainsi souligner qu’il aura alors l’opportunité de réussir et d’en être fier (que ce soit son examen de mathématiques ou ses tirs du pied gauche au soccer), de surmonter sa peur des exposés oraux, de développer des connaissances et des compétences qui lui seront utiles toute sa vie, de se démontrer que la persévérance et la détermination font toute la différence lorsqu’on veut atteindre des objectifs.

Attention…

D’un autre côté, le manque d’efforts pourra générer des échecs, des regrets, un sentiment d’inadéquation qui minera sa confiance en lui… cela pourrait aussi l’empêcher d’accéder à des choses qu’il désire (être admis dans un programme d’études contingenté, être sélectionné dans une équipe sportive élite, etc.)

Rien de plus convaincant que d’avoir déjà expérimenté quelque chose pour en tirer des leçons. Dans cette optique, rappelez-lui des réussites dont il a été fier, tout autant que des situations où son relâchement a engendré des émotions difficiles. Ces exemples concrets seront des rappels éloquents et mobilisateurs pour lui. S’il s’était découragé après sa première chute en vélo, il ne vivrait pas la satisfaction que vous lui voyez aujourd’hui ressentir sur son BMX !

Dans cette dyade plaisir-douleur, l’enfant sera cependant confronté à devoir renoncer au plaisir immédiat d’aller jouer pour faire ses devoirs, et ainsi obtenir le plaisir-récompense de réussir son année! Il lui faudra donc renoncer à une satisfaction immédiate pour privilégier une récompense lointaine, ce qui n’est définitivement pas une perspective très alléchante pour un enfant.

Il devra aussi tolérer la douleur immédiate de s’astreindre à résoudre un problème de mathématiques complexe, afin d’éviter une douleur potentielle (échouer son examen). Accepter de souffrir maintenant pour éviter de souffrir éventuellement est un peu abstrait et rébarbatif pour un enfant.

Afin de l’aider, il sera stratégique de diviser les efforts en étapes, et d’y intercaler du plaisir immédiat. À petites doses, cela lui semblera plus
assimilable et moins intimidant. Le sentiment d’accomplissement vécu aux premières étapes nourrira aussi sa motivation à persévérer, puisqu’il est difficile pour les enfants de tolérer de grands délais entre les efforts et la récompense.

Ouvrez-vous!

N’hésitez pas à lui partager vos propres expériences pour étayer votre propos. Vous trouverez également sur le net des histoires drôlement inspirantes de gens qui ont accompli de grandes choses par la force de leur détermination et de leur travail acharné. En choisissant des modèles qu’il admire (un athlète qui pratique le même sport que lui par exemple), vous capterez doublement son attention.

Avec votre aide précieuse, votre enfant apprendra que ce n’est pas toujours dans le plaisir, et certainement pas dans la facilité, qu’il se bâtira une vie enrichissante et susceptible de le rendre fier de lui.

Mélanie Paquet
Conseillère d’orientation et psychothérapeute

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